Nono… premières sorties

first-32-s-5-web.jpg   “Nono 2″ est vendu. Ce bateau nous aura donné énormément de plaisir, plaisir de naviguer, plaisir de découvertes. Il nous a laissé également beaucoup de souvenirs. Je l’espère en de bonnes mains, qu’il puisse continuer à tirer des bords  joyeux au gré du vent et de son nouveau capitaine.

 nono-hanse-a-terre-web.jpg   “Nono…” est arrivé au port en provenance d’Allemagne. Venir à Hyères en traversant une partie de l’Europe par la route,  quel paradoxe pour un voilier ! Audrey et Juju nous ont accompagné le voir sur son ber. Il y restera quelques jours trop longs à notre goût.

 nono-web.jpg Ca y est, enfin il est à l’eau.
 Martine et moi montons religieusement à bord, intimidé par ce nouveau pur sang. La préparation par le concessionnaire est plus longue que prévue et nous sommes trop gentils. Début juillet “Nono…” est prêt avec l’équipement supplémentaire demandé. Pour la première sortie, Martine me fait remarquer que je suis tendu. Ce n’est pas faux. Plus long, plus large que l’ancien, tout neuf aussi.  Nono… largue ses amarres et quitte lentement le port de Hyères. Le premier mouillage se fera devant la plage de la Badine.

 Après ces premiers essais : hisser les voiles, les affaler, mouiller avec le guindeau, bien paramétrer les répétiteurs pour lire les informations de navigation sur les cadrans, déplier et replier le bimini, le protéger par sa housse, nous nous disons que ça n’est pas si compliqué. Allez on lève l’ancre et cap sur Porquerolles. En fait à peine 4 milles que nous avalons en un rien de temps. Martine est à l’avant et attrape la bouée avec sa gaffe magique. Nono est dans le port et tire nonchalemment sur le corps mort. Je gonfle l’annexe, neuve elle aussi, avec Martine nous nous éloignons et, très fiers, nous photographions Nono…, le 3ème du nom.

nono-au-mouillage.jpg“Nono…” est bien, Porquerolles est son jardin, son terrain de jeu favori.
Après toutes ces émotions, un peu de repos dans le carré au prétexte de lire toutes les notices techniques. Martine commence à réfléchir comment le décorer.

  nono-1ere-sortie-8-web-web.jpg    En fin d’après-midi, les façades de l’Escale et de l’Hyppocampe virent à l’ocre et donnent cette impression si particulère d’être loin, très loin de la ville et de son activité trépidante. Bonheur cent fois renouvelé mais que nous apprécions toujours avec Martine. Porquerolles est un bijou qu’il nous faudra quitter demain matin. Le retour sur Toulon par vent d’ouest  sera un véritable régal, “Nono…” est au près serré et il marche bien. Le foc autovireur est un vrai plaisir, les virements s’enchainent, chaque fois que nécessaire, sans effort. A plus de 6 noeuds, la petite passe est vite atteinte. J’essaie de prendre notre ancienne place entre les pontons mais cela s’avère trop juste. Je prends à regret le nouveau poste attribué par la capitainerie.

  1-traversee-web.jpg      A la mi-juillet, je charge le bateau et je me prépare à traverser pour la Corse. Dans l’ordre chronologique, je dois arriver le premier à Ajaccio, puis Martine et Audrey me rejoindront en avion de Marignanne et finalement Julien arrivera ensuite directement de Paris. Avant mon départ, le mistral a soufflé lontemps et a levé une mer forte sur la zone. Martine me fait les recommandations de prudence élémentaire.
-Tu t’attacheras bien, fais attention !
Je passe entre les îles d’Hyères pour avoir moins de houle, le résultat est mitigé. La traversée sera agitée. Au petit matin, j’aperçois des sommets corses, le vent faiblit et tourne. Je finis la traversée au près dans une mer assagie et un vent maniable. La côte défile et je suis heureux. Heureux d’être à bord de ce nouveau bateau, finalement très facile à manoeuvrer en solitaire.Ce nouveau bateau, je le barre avec plaisir. Pourtant lors de l’achat, quand nous l’avons choisi, je craignais de perdre le toucher de barre du 32s5. Il n’en a rien été, ce voilier est un pur bonheur à la barre, vif, rapide, avec des sensations pour le barreur. Et le surcroît de confort en plus ! Que du bonheur !

 3-les-sanguinaires-web.jpg     En début d’après-midi, Nono… passe entre la pointe de La Parata et les Sanguinaires. Fidèle à nos mouillages préférés, je jette l’ancre sous La Parata.  Un quart d’heure plus tard, le bateau rangé, je déplie l’échelle de bain et je pique une tête. Tout en nageant je songe que nous n’étions plus venu en Corse depuis fort longtemps, plus de 10 ans.

5-canadair-au-mouillage-ajaccio-web.jpg    La veille de l’arrivée de Martine et d’Audrey, je mouille devant le port de l’Amirauté. Surprise, les canadairs viennent écoper en bordure de la zone de mouillage et rasent les bateaux. Le spectacle dure toute l’après-midi.

Martine et  Audrey arrivent de l’aéroport. Les pontonniers les amèneront avec leur zodiac. L’annexe n’aurait pas pu embarquer Martine, Audrey et les valises. Nous restons au mouillage pour la nuit et nous irons au port le lendemain pour l’arrivée de Julien. Tout l’équipage est maintenant réuni sur Nono… Le soir nous allons soûper dans la vieille ville. Dès le lendemain matin, nous prenons le cap  vers le sud. Un mouillage pour “fare il bagno” dans la rade d’Ajaccio précède la descente vers Campo Moro. Le mouillage y est dense. Nous mouillons en arrière par 10 mètres de fond. A tour de rôle, nous allons à terre 2 par 2 pour ne pas laisser le bateau seul.

8-mouillage-campo-moro-ete-2010-32-web.jpg      8-mouillage-campo-moro-ete-2010-39-web.jpg

 Toujours vers le sud, Nono… continue sa descente vers Bonifacio avec une halte devant la plage de Roccapina.

9-mouillage-roccapina-ete-2010-web.jpg      9-mouillage-roccapina-ete-2010-7-web.jpg     Bain et promenade sur cette plage quasiment déserte. Nous nous baignons dans une eau couleur de lagon.

   10-en-route-vers-bonifacio-ete-2010-web.jpg   11-a-bonifacio-ete-2010-25-web.jpg L’arrivée dans la calanque de Bonifacio se fait en compagnie d’un incalculable nombre de bateau dont chacun veut une place à quai. Les coques se croisent, se frôlent. Les placiers sur leur zodiac ne savent plus où donner de la tête. C’est l’empoignade. Nous nous réfugions dans la calanque équipée de chaine mère. Evidemment celle que je prends est entortillée sur elle-même et je dois plonger pour déméler tout cela. Nos voisins sont sympathiques et nous aident à passer les amarres arrière dans les anneaux de la falaise.

Dans la nuit le vent se lève, il soufflera 2 jours et rendra les manoeuvres périlleuses dans la calanque. Peu de bateaux sortiront. Julien veut montrer la Corse à l’envers dans la grotte  à Audrey et ils y vont en annexe. Une heure plus tard, ils reviennent tractés par un gros zodiac italien : au sortir de la grotte, le petit moteur n’a pas voulu redémarrer. Une bougie neuve, achetée chez un shipchandler, résoût le problème.

11-a-bonifacio-ete-2010-36-web.jpg 11-a-bonifacio-ete-2010-23-web.jpg 11-a-bonifacio-ete-2010-42-web.jpg 14-bonifacio-sortie-de-la-calanque-ete-2010-5-web.jpg 

Nous restons durant 3 jours sagement mouillé l’arrière contre la falaise et nous allons en ville en débarquant avec l’annexe soit directement au port ou sur la plage dans le fond de la calanque. Les batteries de servitude, 300 ampères, assurent la consommation électrique sans problème.

Audrey ne connaît pas les Lavezzi, aussi nous décidons d’y mouiller en quittant Bonifacio. Le vent souffle d’ouest, Nono… file. Nous passons devant la crique au sud de l’île. En apercevant tous les mâts, je ne peux pas m’empêcher de penser qu’il y a 25 ans Julien y faisait des pâtés de sable et que le 1er Nono était entouré de très peu de bateaux au mouillage. Rares étaient les voiliers qui y passaient la nuit. Les rafales me rappellent à la réalité de 2010. Nous mouillons dans la crique à l’est des Lavezzi, une crique dégagée de celle qui sert de point de débarquement aux bateliers de Bonifacio. Repas, baignade, farniente, voilà une belle journée.

16-mouillage-aux-lavezzi-ete-2010-10-web.jpg   16-mouillage-aux-lavezzi-ete-2010-1-web.jpg   Nous partons pour La Maddalena, le vent continue de monter, le thermique s’additione avec le vent d’ouest. Bien que nous soyons au portant, je prends un ris, un trimaran remonte au près quand nous passons entre Spargi et Razzoli, Buddelli, Santa Maria. Sous foc et un ris, les 8 noeuds sont maintenus en permanence et Julien me trouve  crispé à la barre, ce n’est pas faux. Nous nous amarrons au port privé après quelques péripéties amusantes. Siamo in Italia et bisogna stupire di niente, tutto va bene ! Le vent d’ouest déjà fort, continue de monter, monter, monter. C’est dans ces moments que l’on se dit que c’est bien d’être dans un port avec eau et électricité au ponton. En plus la vieille ville nous tend les bras, le marché couvert est juste à côté, c’est le top.

18-en-route-vers-la-maddalenna-3-web.jpg    19-la-maddalenna-4-web.jpg    19-la-maddalenna-5-web.jpg

Pendant 2  jours le vent souffle en maître dans les Bouches de Bonifacio. Bien que les îles sardes cassent les vagues, il ne serait pas prudent de sortir en ce moment, même pour partir vers la côte Est de la Sardaigne. Audrey et Julien sont ravis de La Maddalena. Ils visitent l’île en autobus alors qu’avec Martine nous flânons, soit au bateau, soit en ville.
Pendant ces deux jours passés au port, le voilier allemand à côté de nous fait installer un bimini par un artisan local. Regarder les artisans travailler occupe ma flemmardise.

 La queue de mistral nous incite à nous préparer à partir pour Olbia où les enfants doivent prendre l’avion pour Paris. Nono  passe entre Caprera et l’île Santo Stefano, puis après un détour dans la rade de Porto Cervo, cap sur la rade d’Olbia. Nous passerons la nuit dans la partie ouest du golfe d’Aranci, le mouillage solitaire y est agréable.

Le lendemain nous longeons cette côte au moteur avant d’embouquer le chenal qui mène à Olbia. J’avais oublié que le chenal se rétrécissait autant à un endroit bien particulier et c’est justement là que nous croisons un cargo qui sort. Martine et Julien me trouvent crispé, ce n’est pas faux. Nous choisissons la nouvelle marina moderne et bien équipée au sud de la ville. C’est le grand luxe. Les pontonniers sont habiles et efficaces. Les équipements sont de qualité. Le lendemain, la surprise sera royale quand nous accompagnerons Audrey et Julien à l’aéroport. Jaguar et chauffeur, s’il vous plaît.

Après leur départ, nous nous sentons seuls… Nous allons en profiter pour explorer cette côte, crique par crique. C’est le moment de chercher des mouillages encore inconnus, et il y en a, tous plus beaux les uns que les autres. Quelques bateaux dans la journée agrémentent la navigation et le soir les mouillages sont on ne peut plus tranquilles. Celui contre la côte, en face de la Tavolara est remarquablement bien abrité et calme, c’est un port naturel.

autour-de-la-tavolara-ete-2010-5-web.jpg  autour-de-la-tavolara-ete-2010-10-web.jpg  autour-de-la-tavolara-ete-2010-16-web.jpg  capitaine-troy-1-web.jpg  en-route-vers-olbia-ete-2010-web.jpg  nord-ouest-sardaigne-ete-2010-web.jpg

autour-de-la-tavolara-ete-2010-web.jpg       Nous en trouverons bien d’autres avec, vu la saison, peu de monde le soir. Les mouillages se succèdent, le port naturel de punta Don Diego, Porto Brandighi, le golfe de Cugnana, Puis au retour, l’incontournable Porto Pozzo chargé de souvenirs, Santa Teresa di Gallura. Nous y passons une journée, dans ce petit port.
Avant de remonter sur Porquerolles et de rentrer sur Toulon, nous voulions passer quelques jours en Corse, mais en sortant des Bouches de Bonifacio, je change d’avis et nous continuons notre route vers le continent. 

FIN DES VACANCES



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